Les personnes vivant avec le VIH ont-elles un risque plus élevé d’AVC ?

Au cours de ces dix dernières années, aux États-Unis, une hausse importante et significative des accidents vasculaires cérébraux (AVC) chez des patients infectés par le VIH a été constatée. Des chercheurs du Départment des neurosciences de l’Université de Californie  (San Diego) ont évalué  l’évolution de la prévalence de l'infection à VIH chez les patients ayant subi un AVC.  Leur analyse, qui suggère que l'augmentation observée des AVC chez les personnes vivant avec le VIH est largement liée au simple accroissement de la population touchée par le VIH aux États-Unis, mais qui évoque également d’autres facteurs, est publiée dans l’édition du 19 janvier de la revue Neurology.

Les chercheurs ont travaillé sur la base de données obtenues en provenance de tous les Etats des États-Unis pour constituer un échantillon national des patients hospitalisés. Tous les patients admis dans les hôpitaux américains entre 1997 et 2006 avec un diagnostic d’AVC ont été inclus dans l’échantillon. Les tendances d’évolution de la proportion de ces patients avec infection au VIH ont été calculées.

Les chercheurs constatent tout d’abord une baisse de 7,2% du nombre d’AVC entre 1997 et 2006, représentant 71.742 AVC en moins. Ensuite, les diagnostics d’AVC chez les personnes infectées par le VIH augmentent de 60,5% sur la même période. Enfin, les patients vivant avec une infection à VIH représentent 0,08% des accidents ischémiques cérébraux en 1997 vs 0,18% en 2006 (p <0,0001), mais en fait, leur risque d'accidents vasculaires cérébraux hémorragiques n'a pas beaucoup changé. Pourquoi ?

La hausse observée en valeur absolue d’AVC au sein de la population vivant avec le VIH s’explique largement par l'accroissement de la population VIH-positive aux États-Unis, de près de 40% de 1998 à 2006, concluent les chercheurs. Une autre explication serait que les personnes vivant avec le VIH vivent plus longtemps – 6 années de plus en 2006 vs 1997- et donc présentent naturellement, avec l’âge, plus de risque d’AVC.D’autres facteurs pourraient également jouer un rôle, comme  l'infection à VIH elle-même ou les trithérapies. Un élément qui soutient cette hypothèse est la différence constatée entre les évolutions respectives dans les deux types d'AVC. Dernière explication, de nombreuses personnes vivant avec le VIH sont des fumeurs, ce qui est un facteur de risque important.

Source : Neurology 2011; 76: 444-450 . "Increasing incidence of ischemic stroke in patients with HIV infection" , traduction, adaptation, mise en ligne Alexis Yapnine, Santé log, le 20 janvier 2011