« Pré » = avant
« Exposition » = contact avec le VIH
« Prophylaxie » = traitement préventif pour empêcher une infection de se produire

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La prophylaxie pré-exposition (PrEP) est une nouvelle stratégie de prévention du VIH. 
Son principe est simple : il s’agit de proposer à une personne qui n’a pas le VIH, qui n’utilise pas systématiquement le préservatif lors de ses rapports sexuels et qui est à haut risque de contracter le VIH, un médicament actif contre ce virus afin de réduire voire d’empêcher le risque de le contracter.

Ce principe n’est pas nouveau : la PrEP protège du VIH comme certains médicaments protègent du paludisme ou comme une pilule contraceptive prévient d’une grossesse non-désirée.

PrEP ≠ TPE (traitement post-exposition)

Il ne faut pas confondre la PrEP avec le traitement d’urgence (dit « traitement post-exposition » ou « TPE ») qui dure un mois et qui doit être pris au plus tard dans les 48h après un risque. Le TPE est un peu comme la « pilule du lendemain » contre le VIH.

 

La PrEP protège du VIH mais pas des IST

Il est important de noter que la PrEP, comme le TPE, ne protège que du VIH, pas d’autres infections sexuellement transmissibles (gonorrhée, condylomes, chlamydia, hépatites A/C, syphilis, etc.).

Lorsqu’on prend la PrEP il est donc important de faire un dépistage régulier des IST .

e Truvada® est le seul médicament aujourd’hui disponible pour la PrEP. C’est un traitement antirétroviral qui combine deux molécules anti-VIH : l’emtricitabine et le ténofovir disoproxil fumarate.

Il est utilisé depuis une dizaine d’années avec efficacité sur des personnes vivant avec le VIH et avec une très bonne tolérance globale.

Plusieurs études solides ont montré qu’il était également efficace pour empêcher une contamination par le VIH. Voilà pourquoi, après avoir consultés plusieurs instances, la ministre de la Santé a autorisé l’utilisation du Truvada en PrEP par un arrêté publié au journal officiel le 31 décembre 2015.

La PrEP ça marche bien si on la prend bien !

Toutes les études montrent que plus la personne est assidue à son traitement, plus grande est l'efficacité de la PrEP pour prévenir d’une contamination par le VIH.

 

Dans les essais Proud et ANRS-Ipergay, la réduction du risque de contracter le VIH observée était de 86 %. Ce résultat prend aussi en compte les personnes qui ne prenaient pas ou pas correctement leurs comprimés. Il est donc normal de voir des contaminations se produire et faire baisser le niveau global de réduction du risque. Les essais montrent que quand le médicament est bien pris selon le schéma indiqué par le protocole de recherche, le risque de contamination par le VIH est très faible, et l’efficacité de la PrEP est très voisine de celle du préservatif.

 

Dans l’essai ANRS-Ipergay par exemple, les seules personnes contaminées à ce jour sous Truvada, ont été des personnes qui ne prenaient pas la PrEP.

 

Plusieurs observations ont montré que la délivrance de PrEP en « vraie vie » avait des résultats cohérents avec ceux des essais.

Pour couvrir un seul risque, il faut trois prises, ce qui équivaut à quatre comprimés :

Première prise : deux comprimés de Truvada© en même temps à prendre entre 2h et 24h avant le rapport sexuel
Deuxième prise : un comprimé de Truvada© à prendre environ 24h (à plus ou moins 2h près) après la première prise
Troisième prise : un comprimé de Truvada© à prendre environ 24h (+/- 2h) après la seconde prise

 

Quels effets indésirables ?

 

La prise de Truvada® pour réduire le risque de contracter le VIH est généralement très bien tolérée. Mais comme la plupart des médicaments, il peut occasionner des effets indésirables.

 

Il est possible d'éprouver de légères nausées, des diarrhées, des douleurs abdominales, des maux de têtes, dans les premières semaines de traitement. Dans les études, ces effets secondaires ont disparu pour la plupart des personnes après les premières semaines de traitement.

Des effets secondaires plus sérieux, liés à des problèmes de reins et de densité minérale osseuse, sont rares. Certaines personnes peuvent avoir de légères augmentations de la créatinine (un indicateur de la santé du rein). Dans les cas où ils se produisent, ces problèmes de reins régressent une fois le médicament arrêté, mais justifient une surveillance attentive pendant toute la durée du traitement par des contrôles sanguins

 

Et le préservatif dans tout ça ?

 

 

 

Le préservatif est un outil efficace dans la prévention du VIH. Lorsqu'il est utilisé correctement et systématiquement, il est également le seul outil qui protège à la fois contre le VIH, contre certaines IST .

 

 

 

La PrEP  n’est pas incompatible avec le préservatif, elle peut même être utilisée en complément, ou en alternance avec celui-ci. En effet la PrEP ne s’adresse pas nécessairement à des personnes qui n’utilisent jamais la capote dans leurs relations sexuelles. Certaines personnes mettent des préservatifs au cours de la plupart de leurs rapports sexuels mais ont ponctuellement des difficultés à l’utiliser. Le PrEP permet aussi à une personne de se protéger quand son partenaire ne veut/peut pas mettre de préservatif. La PrEP, notamment « à la demande », complète ainsi parfaitement l’utilisation du préservatif et vice-versa.

 

 

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Il est souvent rappelé que la PrEP vient s’ajouter à une palette d’outils de prévention parmi lesquels :

 

  • l’usage de préservatif et de gel lubrifiant ;
  • le dépistage régulier du VIH et des autres IST (et leurs traitements) ;
  • le recours au TPE en cas d’urgence ;
  • le recours au traitement comme outil de prévention (TasP) chez le-la partenaire séropositif-ve : charge virale indétectable depuis plusieurs mois/années = risque  nul de transmission au partenaire séronégatif.